All posts in TIC

À chaque étape, on a parlé de révolution. Mais avec le numérique, la transformation s’accélère et se radicalise. Trois changements s’effectuent simultanément :

La course technologique n’est plus tirée par les entreprises ou les grandes organisations. Ce sont les personnes qui font la course en tête. Le salon mondial de l’innovation IT n’est plus un salon d’entreprise : c’est le Consumer Electronic Show de Las Vegas. Le terme même « numérique », tout comme son équivalent anglais « digital », provient de l’électronique grand public. Son usage se généralise après 2008,année de la commercialisation de l’iPhone par Apple. Les personnes se sont massivement équipées, elles font un usage incessant des nouveaux outils, elles inventent à vive allure de nouvelles manières de s’informer, de consommer, de s’associer, de se rencontrer, de vivre.

Les impacts deviennent réellement transversaux, avec des changements qui concernent aussi bien l’industrie que les services, le bâtiment ou l’agriculture que l’accès à la connaissance, l’expression culturelle ou la santé. Selon le MIT, 47% des emplois américains vont disparaître ou être profondément transformés par le numé­rique. Appliquant une méthodologie similaire à l’Europe, le think-tank Bruegel estime à 54% l’impact sur les emplois européens. Avec le numérique, de nouveaux emplois apparaissent et, plus profondément, la notion même d’emploi se transforme.On peut aujourd’hui être tour à tour entrepreneur, salarié, expert indépendant, étudiant, etc. Mieux : on peut occuper simultanément plusieurs de ces statuts.

L’incidence de la technologie sur l’économie se diversifie et se complexifie. En plus de la structuration et de la croissance d’une filière numérique de plus en plus puissante, il faut tenir compte d’au moins huit effets. Comme dans l’époque anté­rieure d’informatisation, il y a d’abord tous les effets d’automatisation avec accroissement corrélatif de la productivité des facteurs : productivité du travail ; du capital fixe et circulant ; de l’énergie et des matières premières. Mais à cela s’ajoutent les effets de dématérialisation : substitution d’internet aux réseaux physiques d’agences, de guichets et de magasins ; déformation de la traditionnelle courbe des coûts décroissants en fonction de la longueur des séries, en une courbe de production en équerre avec un fort investissement sur l’innovation et le prototypage et des coûts de reproduction quasi nuls ; baisse des coûts de transaction et remise en cause du périmètre des firmes. Il faut enfin tenir compte des effets d’intermédiation/désintermédiation sur les business-models, avec le rôle nouveau joué par les personnes – à la fois producteurs et consommateurs – et avec l’enjeu de la donnée et la ressource qu’elle représente pour l’optimisation et la réinvention des métiers existants ainsi que pour la structuration d’écosystèmes innovants.

Télécharger le rapport Transformation numérique de l’économie française

Le numérique peut être une chance pour la France. La transformation numérique est la chance que la France doit saisir.